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Sujet difficile, je reviens en arrière : 2017 et les mois qui ont suivi…
Je souhaite dans cet article vous parler de mon expérience de l’intérieur, en tant qu’entrepreneur et être humain.
Je me souviens que j’avais cherché des infos pour mettre des mots sur ce que je ressentais et que je n’avais pas trouvé grand-chose pour m’aider à cheminer.
Je ne vais pas aborder les aspects administratifs de la liquidation judiciaire d’une entreprise, mais de la difficulté pour rebondir et le long temps de digestion…

Je pense que le manque de témoignages est lié à la souffrance / difficultés vécues par l’entrepreneur qui doit fermer sa société, au manque de compréhension de l’entourage personnel et professionnel (s’ils n’ont pas aussi vécu cela) et le regard très français où la personne qui a liquidé sa société est un mouton noir, celui qui porte le sceau de l’échec…

Vous aurez compris que cet article ne s’adresse pas aux moralisateurs, à ceux qui savent mieux que les autres…

J’ai mis ma première société en liquidation judiciaire simplifiée : développement commercial trop lent, certains choix commerciaux peu judicieux avec le recul et une trésorerie qui s’amenuise jusqu’à être insuffisante pour redresser la barre. Un schéma classique.

Mais pour avoir autour de moi des personnes qui ont fermé leur société pour d’autres raisons (un associé qui décide de quitter le navire, problème de santé…), le ressenti et cheminement intérieur pour l’entrepreneur sont similaires.

Fermer sa société (son activité pour les auto-entrepreneurs), un deuil à faire

J’ai été frappé par les similitudes entre ce que j’ai ressenti et vécu lors des deuils de mon père et de mon frère et le processus / émotions / ressenti que j’ai vécu quand j’ai liquidé ma société.
Et j’ai remarqué la même chose autour de moi.
Cela peut sembler « idiot » si vous lisez cet article par curiosité.
Mais voici quelques éléments pour vous permettre de saisir ce que je veux dire :
– une société, c’est une personne morale. Oui, oui une personne. (En fait, si vous avez une activité en micro / auto-entrepreneur, c’est la même chose : une entité que vous avez créée. Et cette personne (morale) arrête de vivre (on la liquide, le créateur la liquide)…
– l’entrepreneur a investi des jours et des nuits, une énergie folle pour faire vivre ce projet. Cette société est devenue une partie de nous. On vit une histoire fusionnelle avec notre société / activité : on en parle, on en rêve. Elle occupe la plupart de notre « temps de cerveau disponible ».

Et cette histoire (d’amour, d’investissement d’énergie, d’enthousiasme, de volonté) s’arrête.
Moi qui l’ai créé, qui l’ai faite grandir, je la liquide.
Et j’ai ressenti un grand vide.
Et j’ai ressenti les symptômes du deuil.
Et cela a duré longtemps.
Un peu plus d’un an…
Comme un deuil d’une personne physique, d’un humain…

Incompréhension de l’entourage

« Mais tu vas rebondir » « Tu vas avoir de nouvelles idées » « Tu es plein(e) de ressources »…
En fait, il est important à mon sens de respecter ce temps de deuil, de digestion, d’acceptation. Appelez-le tel que vous voulez.
Je n’ai pu rebondir que quand j’avais fini ce travail de deuil.

N’essayez pas d’expliquer ce que vous vivez et ressentez à ceux qui ne veulent pas entendre car pour la plupart des personnes, ce n’est qu’une société / activité et vous pouvez en recréer une facilement…

Se recréer pendant la phase de deuil

Pendant cette phase de deuil, il faut bien manger…
N’ayez pas honte de rechercher un travail de salarié le temps de vivre cette phase de deuil et de retrouver l’énergie pour rebondir.
Les idées, la motivation et l’enthousiasme reviendront… mais plus tard.
Pour ma part, j’ai repris une activité en SCOP (coopérative d’activités) – un peu comme du portage salarial.
J’ai du travailler ma patience, car le mental a envie de « rebondir ». Mais à l’intérieur, il n’y avait plus la flamme…
Mon activité était anémique. Pas motivée pour faire du commercial ou me vendre.

Se faire aider

Lorsque j’ai perdu mon père et mon frère il y a quelques années, j’avais l’impression de ne pas arriver à tourner la page. Comme si je n’arrivais pas à arriver au bout de ce processus de deuil après 5 ans…
Je suis allée voir une psychothérapeute. Pas d’amélioration.
Puis je suis allée voir une médecin hypnothérapeute (une fée !!) et en une séance, elle m’a accompagnée pour que je leur dise au revoir et pour que je me libère de ce deuil.
Un deuil d’un humain ou d’une société/ activité, ça peut ne pas se passer si rondement que décrit dans les articles sur les phases de deuil.
Si vous sentez que vous commencez à sombrer (déprime, voire dépression), que votre état ne s’améliore pas, que cela dure trop trop longtemps, n’hésitez pas à vous tourner vers un thérapeute qui entend votre souffrance et qui peut vous accompagner.
Les plantes (millepertuis, griffonia, L-Tryptophan – précurseur de la sérotonine) m’ont bien aidée (je ne supporte plus les anxyolitiques et les anti-dépresseurs).
Psychologue, hypnose, soins énergétiques…
Ecoutez votre corps (regardez mon article et ma vidéo sur les tests musculaires) pour choisir le thérapeute qui vous convient le mieux.

… et rebondir !

Aujourd’hui, je suis convaincue que la clé la plus importante pour réussir dans l’entrepreneuriat, c’est la joie.
Quand on se fait plaisir, quand on a des papillons dans le ventre à chaque fois qu’on se met à travailler, on a des idées gagnantes, on prend les bonnes décisions et tout est fluide.
Car l’intuition et les idées viennent plus facilement quand on est joyeux (article à venir & vidéo YT)
Sauf que quand on est dans cette phase de deuil, ce n’est pas la joie qui nous anime.
Et c’est normal.

Quand enfin, on a vraiment tourné la page, on peut recréer, jouer, s’amuser dans le monde de l’entrepreneuriat.
On va plus vite, droit au but.
On a essayé tellement de chose qu’on sait désormais ce qui compte, ce qui est important.
Et surtout on se fait plaisir. La joie, la flamme intérieure devient notre boussole sacrée.

Avec tout mon amour

Si vous avez déjà fermé votre activité ou si vous êtes en train de le faire, vous n’êtes pas seul à vivre ces difficultés à rebondir là, tout de suite, maintenant.
Car c’est trop tôt. Et il y a des choses que l’on ne peut accélérer.
N’hésitez pas à partager cet article avec vos proches qui vous écoutent avec bienveillance pour qu’ils prennent conscience que ce n’est pas juste un coup de mou, que vous secouer ne servira à rien (car c’est un processus long) et que cela prend du temps de rebondir.
Chaque chose en son temps.
Prenez le temps de la bienveillance avec vous : vous méritez de prendre soin de vous, de vous entourer de tout l’amour possible.
Ce n’est pas un échec. C’est une formidable expérience. Douloureuse, mais formidable.
Vous le comprendrez plus tard, dans quelques années, quand vous regarderez en arrière tout ce chemin parcouru.
Avec tout mon amour,
Eva

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